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actualité | 22 Septembre 2017 | Rep. Congo | Développement

Deux ans et demi de progrès agricoles au Congo

Forêt tropicale au Congo © CEMAC Business, 7 avril 2014

Des denrées alimentaires abordables, une sécurité alimentaire renforcée et autres progrès de l’agriculture au Congo

 

Aujourd’hui, le Congo est encore largement dépendant des importations pour assurer sa sécurité alimentaire. Important 75% de ses besoins en nourriture, le Congo souffre d’une culture agricole très faible. Mais contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, il ne s’agit pas de difficultés liées à la nature, puisque le Congo a des terres fertiles, recouvertes en majorité par une forêt tropicale. Et pourtant, parmi elles, seules 2% sont cultivées.

En réalité, cette production faible naît d’une conjonction de facteurs divers, parmi lesquels la difficulté d’accès aux marchés par des zones agricoles plus reculées et un manque de connaissances des producteurs quant à la gestion de leurs activités marchandes. Or cela est nuisible à toutes les échelles, à la fois pour la population urbaine, qui représente les trois quarts de la démographie du pays, et qui manque d’accès aux denrées alimentaires, et pour la population rurale, minorité vulnérable, qui ne parvient pas à écouler ses stocks, ou bien sans faire de revenu suffisant. La question de l’agriculture est cruciale pour atteindre la sécurité alimentaire et donc a motivé ACTED dans son action au Congo, soutenue par l’Union Européenne.

Informer et former

Comme quatre cent autres agriculteurs des districts de Kayes et Madingou, Frédéric a assisté à l’une des sessions de formations à la gestion dispensées en partenariat avec AZUR Développement. Installé à son pupitre au milieu de la verdure, il nous explique que « cette formation nous a revivifié car elle nous a donné des techniques pour améliorer notre activité agricole ».

En plus de ce travail de formation, il y a eu un vrai travail d’information, puisqu’ACTED a appuyé la diffusion hebdomadaire des prix des produits agricoles dans les marchés à Pointe-Noire et Brazzaville, permettant donc aux agriculteurs d’optimiser leurs ventes. Pour certains agriculteurs, c’était l’un des aspects les plus intéressants de l’action, puisqu’il a permis de rétablir une forme d’équilibre entre offre et demande, ce qui manquait auparavant.

Avec ce projet, ACTED espère combler le manque d’informations mises à disposition des agriculteurs, qui devaient avant consulter des services payants pour y avoir accès. Une autre agricultrice, Rose, confirme : « Aujourd’hui, je suis capable d’élaborer mes projets seule et c’est un vrai acquis pour moi ».

Un marché plus dynamique pour plus de sécurité alimentaire

Il ne s’agit pas seulement de former mais aussi de mettre en contact les agriculteurs, d’encourager à l’organisation de stratégies de commercialisation collectives, et en cela valoriser la production agricole locale. En plus des formations, ACTED prévoit donc une stratégie de sortie durable par la création et le renforcement des capacités de comités de gestion de commercialisation, en charge de faciliter les relations entre les agriculteurs et les transporteurs pour faciliter l’écoulement des denrées vers les marchés. Avec un système commun pour acheminer les produits vers les marchés de Brazzaville et Pointe-Noire, les agriculteurs sont autonomes et peuvent proposer des prix plus compétitifs.

Cela leur permet de meilleurs revenus, un meilleur niveau de vie. Et cela bénéficie aussi à la population urbaine de Brazzaville et Pointe-Noire qui a un meilleur accès à la nourriture et à des denrées diversifiées. Le projet a donc servi de plateforme pour une mise en commun des agriculteurs, qui s’entraident aujourd’hui pour sortir de leurs problèmes d’accès et d’enclavement.

Assurer la place des femmes

Finalement, en plus de favoriser la sécurité alimentaire, le projet a donné une place importante aux femmes : « Sur la quarantaine qu’on était, on pouvait retrouver 25 femmes. Elles n’étaient pas du tout complexées et participaient au débat avec beaucoup d’ardeur », commente Abel, un autre membre de la formation et chef du village.

Parmi elles, Victoria pense à fonder un groupement de femmes pour partager à son tour les connaissances acquises. Elle-même avait été découragée de faire des études par son père, pour aider sa mère à la place, et sait que c’est la situation de beaucoup d’autres femmes. « Je n’ai pas eu de chance de faire des longues études parce que je n’étais pas soutenue, mais avec cette formation, je compte bien en faire bénéficier les femmes qui le désirent », développe-t-elle. Elle voit la formation comme un outil d’émancipation économique qui peut servir non seulement aux agriculteurs en général mais aussi aux Congolaises vivant en zone rurale.