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actualité | 21 Avril 2017 | Mali | Urgence

La culture maraîchère dans le nord du Mali pour lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle

Les habitants de Menaka viennent acheter leurs légumes lors d'une grande foire maraîchère - ACTED Mali, 2017

Ou comment une coopérative agricole de 81 membres soutenue par ACTED arrive à produire plus de 170 000 kg de légumes

Depuis deux ans, ACTED, avec le soutien d’OFDA, mène des activités dans la région de Gao et Menaka afin de pallier les effets du conflit qui touche le nord du pays ainsi que les impacts du changement climatique sur les populations vulnérables.

Lutter contre l’insécurité alimentaire en agissant sur les sources de revenus

Avec les périodes de sécheresse, le climat sahélien difficile et les mouvements importants de populations à l’intérieur du pays et au-delà des frontières déclenchés par la crise politico-sécuritaire qui sévit depuis 2012, l’insécurité alimentaire persiste dans les régions de Gao et Menaka, touchant particulièrement les ménages vulnérables, rapatriés, ou déplacés. Depuis 2015, les interventions d’ACTED visent à restaurer et consolider les moyens d’existence de ces ménages, et contribuent à contrer l’insécurité alimentaire dans ces régions. Pêcheurs, agriculteurs et maraîchers bénéficient d’activités de soutien visant à recapitaliser leur matériel et renforcer leurs capacités, ainsi que de semences et d’outils. Pour soutenir les éleveurs, ACTED distribue des aliments pour bétail et apporte un soutien aux services vétérinaires pour la mise en place de campagnes de vaccination et de déparasitage.

La culture maraîchère, un potentiel à exploiter

En février 2016, ACTED a mis en œuvre des formations agricoles bénéficiant à 100 personnes. Parmi elles, Thyko, un ancien réfugié au Niger, marié et père de quatre enfants, qui vit maintenant à Anderamboukane, au nord-est du Mali. Il témoigne de l’impact positif des formations agricoles auxquelles il a participé : « une formation a été organisée à Anderamboukane sur les pratiques de maraîchage, la culture des jardins maraîchers, la préparation de pépinières, la fertilisation organique, la fabrication de compost et de pesticides naturels pour lutter contre les parasites ennemis des plantes. C’est là que j’ai compris qu’il est possible de mener des activités de maraîchage sans recourir aux engrais chimiques et aux pesticides. J’ai également compris que nous avions tout dans le milieu pour recycler nos déchets ménagers et autres produits végétaux pour produire de l’engrais. Nous pouvons utiliser des produits locaux, comme les piments, l’ail ou le tabac, pour fabriquer des pesticides naturels au lieu de recourir aux produits chimiques, qui, en plus de coûter très cher aux agriculteurs, ne sont pas écologiquement recommandables ». Thyko a également reçu des semences et du matériel aratoire nécessaire au maraîchage.

Suite à cette formation, Thyko ne souhaite pas s’arrêter à sa propre activité mais décide de se regrouper avec 80 autres participants pour reformer une coopérative de maraîchers, déjà préexistante mais dont les faibles moyens matériels ne permettait plus de fonctionner. Leur objectif commun : relancer une coopérative maraîchère pour la production de légumes dans la région.

Plus de 170 000 kg de légumes récoltés

Un an plus tard, en mars 2017, les participants récoltent les fruits de leur travail, et le succès de la coopérative bat son plein, avec plus de 170 000 kg de produits maraîchers récoltés, dont aubergines, oignons, choux, tomates, piments, laitues et pommes de terre, produits à partir des intrants distribués par ACTED. Une petite partie des produits est redistribués aux membres de la coopérative et à leurs familles, la majorité est vendue sur le marché d’Anderamboukane, et le surplus est transporté jusqu’à Menaka pour être vendu à l’occasion d’une grande foire maraîchère, où de nombreux ménages viennent faire leurs courses, profitant des bons prix.

Thyko est aujourd’hui président de cette coopérative. Il nous explique que la foire de Menaka a permis de faire prendre conscience de l’intérêt du travail de la coopérative, et depuis « le nombre de demandes d’adhésion à la coopérative de maraîchers d’Anderamboukane ne fait qu’augmenter, et, pendant ce temps, plusieurs personnes se réunissent en association de maraîchers pour imiter notre exemple ». Le profit des recettes va pouvoir financer les différents besoins au bon fonctionnement de la coopérative, entre autre à l’achat de semences pour la saison suivante, l’achat de matériel, l’aménagement de la mare exploitée et l’aménagement des puits pour l’irrigation.

Les activités maraîchères ont été très bénéfiques à la coopérative, et de manière plus générale à la région, contribuant à la diversification de l’alimentation, augmentant la disponibilité des produits frais à moindre coût sur les marchés, et promouvant la culture maraîchère comme source de revenu.

Au vu du succès de cette intervention, ACTED projette de poursuivre ces activités dans la région, qui reste fragile.