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actualité | 01 Août 2011 | Kenya | Somalie | Urgence

Corne de l'Afrique : une crise prévisible

© Thomas Mukoya / Reuters

Les acteurs humanitaires et les organisations internationales sont aujourd’hui pleinement mobilisés sur la crise de la Corne de l’Afrique, avec des fonds, des opérations d’aide d’urgence et des projets humanitaires pour les populations qui souffrent de la sécheresse, de la crise alimentaire et de la famine pour certains. Les équipes d’ACTED se renforcent à partir de Nairobi, sur le terrain, pour apporter une aide aux populations les plus vulnérables : des évaluations des besoins dans les zones critiques sont en cours et les employés d’ACTED préparent les prochaines opérations d’urgence.

Les récits de situations dramatiques des populations en souffrance nous parviennent de nos terrains d’intervention, illustrant chaque jour davantage l’urgence de la situation au-delà des chiffres. Les équipes de notre partenaire dans le sud de la Somalie font ainsi état de scènes choquantes, alors que les parents se battent pour survivre et trouver de quoi nourrir leur famille.

Les opérations d'aide alimentaire ont déjà commencé en Somalie La sécheresse actuelle était prévisible et avait été d’ailleurs identifiée. Différents systèmes d’alerte (FEWSNET, système AridLands, ou les bulletins des agences météo) tirent la sonnette d’alarme depuis décembre 2010. Sur la base de ces rapports et de ces systèmes d’alerte mis en place dans le cadre d’interventions en prévention et réduction des catastrophes, ACTED et les autres partenaires humanitaires ont appelé la communauté internationale à se saisir de cette problématique et à proposer des réponses à une situation qui va en se dégradant depuis des mois pour les populations du sud de la Somalie et à travers la Corne de l’Afrique. Aujourd’hui, il est temps d’agir pour faire face à l’urgence.

Des alertes depuis décembre 2010

Alors que les medias du monde entier consacrent leurs pages internationales et leurs unes à la crise dans la Corne de l’Afrique, « l’impact de la sécheresse sur la sécurité alimentaire et la survie des populations rurales dans cette zone est une réalité connue depuis bien longtemps », rappelle Patrick Cantin, le directeur pays adjoint d’ACTED au Kenya et en Somalie.

“Depuis décembre 2010, nous sommes conscients du déficit pluvieux sur l’ensemble des zones arides et semi-aride au Kenya et en Somalie. ACTED et d’autres organisations ont donc alerté les bailleurs de fonds pour prévenir une crise alimentaire qui était prévisible depuis des mois.

En avril, nous sommes passés d’un épisode de sécheresse grave dans la Corne de l’Afrique à une catastrophe sans précédent. Les pluies attendues ne sont pas arrivées et les épisodes pluvieux bien plus limités que ce qui était espéré. A ce moment là, il était clair que sans intervention d’urgence massive, la crise allait être grave… Depuis juin, la crise est considérée comme l’une des pires catastrophes climatiques de ces 60 dernières années.

A ce moment là, il était clair que sans intervention d’urgence massive, la crise allait être grave… Depuis juin, la crise est considérée comme l’une des pires catastrophes climatiques de ces 60 dernières années.

La communauté internationale dans son ensemble est consciente de la gravité de cette crise humanitaire depuis mi-juillet, quelque 7 mois après les premières alertes ! Les ONG sont prêtes depuis décembre à mettre en œuvre des solutions pour limiter l’impact de cet épisode de sécheresse et pour offrir une réponse d’urgence ; mais les fonds ont été limités jusque là pour financer des interventions pourtant indispensables. »

Prévenir ces crises dramatiques

« Pour éviter d’avoir à répondre à une crise de l’ampleur et de la gravité que nous connaissons aujourd’hui, il est indispensable de répondre à ces problèmes de sécheresse dès qu’ils sont identifiés et de privilégier des projets de long terme », insiste pour sa part Sebastien Lambroschini, Directeurs pays d’ACTED pour la Corne de l’Afrique.

« La réponse de la communauté internationale intervient hélas trop tard. Bien que certains fonds aient été débloqués depuis quelques temps, ils ont été trop limités pour prévenir efficacement l’impact de la sécheresse qui frappe le Kenya, l’Ethiopie et la Somalie.

Aujourd’hui, la communauté internationale met des fonds sur la table, mais c’est pour répondre à une situation de détresse alimentaire et non pour prévenir cette situation dramatique.

Malgré les leçons tirées des urgences précédentes et un travail continu de plaidoyer pour privilégier des solutions différentes à ces crises prévisibles que celles mises en œuvre suite à des catastrophes soudaines, la communauté internationale n’a toujours pas retenu la leçon. A la fin du jour, répondre à la crise alimentaire va s’avérer bien plus chère que des interventions préventives. C’est dommage d’en arriver là et de voir la mobilisation découler des images d’enfants malnutris que l’on voit sur nos écrans de télévision depuis quelques jours. »

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