La Corne de l'Afrique face à une nouvelle crise de la sécheresse
La Corne de l’Afrique fait face à l’une des pires périodes de sécheresse depuis des décennies. Pourtant habituées à composer avec ces épisodes climatiques extrêmes, certaines populations font face à la quatrième année sans pluies. Ce sont 10 millions de personnes qui sont aujourd’hui directement menacées par l’impact du changement climatique et la menace d’une crise alimentaire dramatique, sans eau, sans moyens de survie.
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Depuis 5 ans, ACTED est mobilisée pour apporter un soutien à ces communautés rurales et pastorales, souvent isolées, qui luttent pour pallier ces saisons de sécheresse qui se succèdent sans jamais s’interrompre. De l’Ouganda au Sud de la Somalie, en passant par le Kenya, nos équipes interviennent au quotidien pour assurer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, pour améliorer la sécurité alimentaire des populations menacées, en reconstruisant et en développant de nouveaux moyens de subsistance.
Le travail en amont des périodes de sécheresse, sur des systèmes d’alerte précoce, en lien avec les autorités et les communautés locales, sur la prévention et la préparation de ces périodes de sécheresse, ainsi que la mise en place de moyens de subsistance de remplacement, sont au cœur de l’intervention d’ACTED dans la région depuis plusieurs années.
Au niveau global, ACTED est également engagée dans des actions de plaidoyer et de sensibilisation à ces problématiques d’impact humanitaire du changement climatique, de la sécheresse dans la Corne de l’Afrique et de l’intérêt d’un engagement sur le long terme pour pallier l’impact de cette crise prévisible avec des interventions en amont d’une crise alimentaire grave.
Trois questions sur la crise de la Corne de l’Afrique à Patrick Cantin, Directeur pays adjoint au Kenya et en Somalie
Quelle est la situation actuelle dans la Corne de l’Afrique et quelles sont les solutions ?
Les catastrophes climatiques et épisodes de famine sont des phénomènes récurrents dans la région depuis des années. Auparavant, les saisons sèches se succédaient tous les trois ans et les épisodes de sécheresse tous les 10 ans. Mais depuis les 2005, les saisons sèches et de sécheresse se sont succédées sans répits jusqu’à cette dernière crise en 2011.
Le problème est que les ménages affectés par ces sécheresses sont dans l’incapacité de reconstruire des moyens de subsistance après chaque saison climatique, contrairement à autrefois. Les réponses traditionnelles se sont plus aussi efficaces et les populations se retrouvent rapidement sans ressources pour faire face à leurs besoins les plus essentiels.
L’urgence d’une réponse humanitaire est pressante afin de venir en aide aux populations souffrant de la faim et de la sécheresse au Kenya et en Ouganda. Mais nous devons également nous concentrer sur des opérations en prévention et réduction des catastrophes. Ce sont ces interventions qui s’avèrent les plus efficaces sur le long terme ; mais elles sont aussi les plus difficiles à financer et à mettre en œuvre dans un contexte ou les urgences humanitaires se suivent sans discontinuer.
Qu’en est-il de la situation en Somalie ?
La courte saison des pluies attendue en 2010 n’est pas arrivée, avec des conséquences terribles sur les cultures agricoles et le bétail. Quand on sait que l’agriculture et l’élevage sont les seuls sources de subsistance dans le Sud de la Somalie, on réalise l’ampleur de la crise.
Début 2011, les ménages les plus vulnérables avaient déjà quelques difficultés à faire face à leurs besoins alimentaires de base, à cause de la persistance des épisodes secs, la perte des principales sources de subsistance, ainsi que des stocks en eau et nourriture en baisse. La nouvelle absence de pluies en mars/avril a aggravé la pression alimentaire pour les ménages dans le Sud de la Somalie. Alors que la sécheresse actuelle frappe l’ensemble des pays de la Corne de l’Afrique, l’Ethiopie, le Kenya, la Somalie est de loin le pays qui fait face à la crise la plus grave du fait de facteurs aggravants, tels qu’une présence humanitaire réduite, des conditions de sécurité difficile, ainsi que des services publics, notamment en matière de santé, déficients depuis une vingtaine d’années.
Quelles sont les priorités aujourd’hui ?
Nous devons bien sûr nous concentrer sur les opérations d’urgence en Somalie avec des distributions alimentaires, assurer l’accès à l’eau potable et à des abris pour les populations déplacées. Les interventions en réduction et prévention des catastrophes viendront ensuite en Somalie, alors que celles-ci sont prioritaires à court et à moyen-terme au Kenya, en même temps que des opérations de Travail contre paiement, de protection des moyens de subsistance ou des interventions en eau et en assainissement intégrées.
Localisation des interventions en cours d'ACTED dans la région

Point de situation humanitaire
Impact de la sécheresse pour les populations pastorales dans la région de Sakow et distributions alimentaires par ACTED et SADO (Sud Somalie)
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