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actualité | 25 Août 2017 | Afghanistan | Développement

Comment les Centres pour le développement des jeunes contribuent à un changement durable dans les villes frontalières d'Afghanistan

Sahar donne des cours de broderie dans un Centre pour le développement des jeunes géré par ACTED à Nawabad Turkmania (Balkh) - ACTED Afganistan, 2017

Depuis 2014, 1360 femmes afghanes issues de communautés minoritaires de Mazar-e Charif se sont inscrites à des formations professionnelles dans un des Centres de développement des jeunes gérés par ACTED dans le pays.

Au-delà de répondre à des besoins essentiels, comme l'accès aux soins et l'alphabétisation, le centre encourage l'esprit d'entreprise grâce à des formations professionnelles dans des domaines en essor dans la région, comme la broderie ou l’informatique. Ces formations améliorent les perspectives d'emploi des femmes et démontrent leur capacité à aller au-delà de la répartition traditionnelle des rôles entre hommes et femmes.

Afsana enseigne l'anglais dans ce Centre. Pour elle, le centre est un bon compromis : « Ces écoles sont d’une grande aide : souvent, les filles ne sont autorisées à étudier que jusqu'à la neuvième année [premier cycle de l’enseignement secondaire], mais les centres de développement des jeunes parviennent à convaincre les familles qu’un niveau d'éducation supérieur peut apporter des avantages économiques. »

De nombreuses étudiantes d'Afsana sont entrées à l'université, ce qui est considérable compte tenu de la grande disparité entre les sexes dans l’enseignement supérieur en Afghanistan, avec seulement 0,5% des filles issues de milieux ruraux ou marginalisés qui poursuivent leurs études au-delà de l'enseignement secondaire.

Loin des paysages gris de Kaboul, à Mazar-e Charif, dans le nord du pays, les habitants se retrouvent dans la soirée, s’attardent sur les étalages des petits commerces croulant sous des pyramides d’oranges, au fur et à mesure que le crépuscule s’installe au-dessus de la citadelle turquoise du sanctuaire de Hazrat Ali. Ici, pas de couvre-feu ni de barbelés : les habitants rentrent sereinement chez eux. Le sentiment largement partagé est celui d’un carrefour libéral de culture et de commerce, le point de départ de l’avenir du pays. Une nouvelle voie ferrée reliant Mazar-e Charif à l'Ouzbékistan voisin promet des perspectives économiques favorables à la ville

À la périphérie de Mazar-e Charif se trouve le petit village frontalier de Nawabad Turkmania, un labyrinthe de maisons à un seul étage et de pâturages qui s’étendent à perte de vue. Des écoliers arborant fièrement leurs nouveaux sacs à dos arpentent les ruelles. C’est au milieu de ce dédale poussiéreux que se trouve le Centre de développement des jeunes d'ACTED, construit en 2015. À l’intérieur, 54 femmes sont rassemblées autour d’un énorme gâteau pour fêter leur diplôme obtenu au terme de neuf mois de formation en informatique.

Parmi elles, Naeema, 18 ans, originaire de Mazar-e Charif, expose ses projets pour l'avenir, enveloppée dans son foulard vert émeraude : « Plus tard, je veux être médecin à Mazar-e Charif. Je veux rendre service à mon pays. Pourquoi voudrais-je partir? », déclame-t-elle.

Naeema participe gratuitement à des cours d’apprentissage de Microsoft Office et à la réparation d'ordinateurs. Le Centre est proche de chez elle, elle raconte qu'elle vient souvent ici pour lire et se détendre. « Ma famille est très contente que je prenne ces cours. Ils sont très fiers de moi », dit-elle.

Le professeur de Naeema, Feyza, également de Mazar-e Charif, raconte que beaucoup de ces filles deviennent plus tard elles-mêmes enseignantes. « C'est ce potentiel qui motive les familles conservatrices à accorder à leurs proches de nouvelles libertés », explique Feyza.

Les rayons du soleil d'après-midi s’engouffrent à travers les rideaux fleuris d’une grande pièce à l’étage, illuminant une rangée de machines à coudre.

Sahar a une réputation de diva parmi les étudiantes qui participent à son cours de broderie. Conquises, elles sont tout ouïe lorsque Sahar leur prodigue ses conseils. Dans la salle, les étudiantes cousent des perles sur des pans de tissu pourpre tendus sur des cadres en bois.

Sahar parle du regard de la société su les femmes : « Leurs familles sont strictes et, souvent, elles ne donnent pas aux femmes la faculté d’étudier ou de travailler, à cause de la susceptibilité des hommes. Mais ici, comme les formatrices sont toutes des femmes, il n’y a pas de problème.

Lire aussi : dans la province isolée du Faryab, un programme pour l'accès à l'éducation et à la formation professionnelle pour les jeunes filles marginalisées (anglais)