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actualité | 16 Juillet 2015 | Kenya | Développement

Combler l’écart : approche durable et agropastoralisme au Kenya

Pamela est heureuse de nous raconteur comment elle a pu augmenter sa production agricole.

Pamela a la quarantaine, elle vit avec sa famille dans le village de Luai, dans le comté de Samburu. Nous l’avons rencontré alors qu’elle revenait du marché où elle s’est rendue pour acheter du charbon afin de cuisiner. Elle nous accueille dans sa maison avec un chaleureux sourire, bien qu’elle peine à nous attribuer des sièges puisqu’elle n’a qu’un seul tabouret. Nous lui assurons que nous pouvons nous assoir dans l’herbe devant sa maison et que cela nous convient très bien.  Elle sourit à nouveau et s’assoit avec nous. Peu après, certains de ses jeunes enfants ainsi qu’une autre femme nous rejoignent.

Pamela nous explique pourquoi elle n'a pas pu planter cette saison.

Pamela fait partie d'un groupe de 50 agropasteurs qui a obtenu une subvention afin d’accroitre la production de ses produits agricoles (maïs, haricots) de la part d’ACTED, grâce au soutien du service d'aide humanitaire et de protection civile de la Commission européenne. Pamela se remémore sa vie avant le projet. Ayant un mari âgé et 8 enfants à charge, sa vie n’a pas toujours été facile. Elle a dû travailler sur son exploitation agricole sans relâche, à élever des animaux et vivre de travaux occasionnels afin de subvenir aux besoins de sa famille. Elle nous raconte la manière dont elle a étéidentifiée par les autres membres de la communauté comme un des membres les plus démunis et nécessiteux de la communauté, non seulement à cause de sa grande famille, mais également car elle a fait preuve de travail acharné pour subvenir aux besoins de sa famille.

Elle a reçu des semences pour ses plantations, de l’argent pour financer un labourage avec tracteur, et un rouleau de fil barbelé pour clôturer son exploitation. Ces subventions lui ont permis d’améliorer ses récoltes, et le fil barbelé lui a permis de tenir les éléphants, les zèbres et autres animaux sauvages à l’écart. Elle a pu récolter 3 sacs d’haricots (270 kilos) qui lui ont permis de nourrir sa famille pendant une année entière. L’année précédente, elle n’avait pu récolter que 10 kilos d’haricots sur cette même parcelle. Elle nous explique que cette année, elle a même eu du surplus à vendre pour acheter du maïs et cuiniser de la semoule de maïs, ce qui a de nombreux avantages nutritionnels pour sa famille.

Pamela fronce les sourcils lorsque nous demandons à voir son exploitation agricole. Nous remarquons rapidement son changement de comportement à mesure que nous la suivons jusqu’à sa ferme. Cette dernière est envahie par les mauvaises herbes étant donné qu’elle n’a pas planté cette année. Des nuages sombres s’amoncellent, il s’apprête à pleuvoir et à présent la plupart des agriculteurs ont déjà ensemencé leurs cultures. Pamela soupire et explique qu’elle a rencontré des difficultés à planifier la saison des plantations dû aux pluies irrégulières et imprévisibles à Samburu.

Elle dit : « Etre berger-agriculteur peut représenter tout un défi car lorsqu’il ne pleut pas, nous devons nous déplacer avec nos animaux. Par exemple, il a plu ici alors que nous avions déjà migré dans une autre région à la recherche d’eau et de pâturage pour le bétail. » Elle mentionne également un autre défi : le manque d’argent pour acquérir un tracteur pour le labourage.

Juste avant de conclure notre visite, Pamela nous exprime sa gratitude et combien elle apprécie l’assistance de long terme d’ACTED car face à la sécheresse et aux pluies faibles et imprévisibles, elle peut toujours continuer à nourrir sa famille et payer l’éducation de ses enfants étant donné qu’elle ne peut plus compter sur son mari âgé.

ACTED continuera à œuvrer pour répondre et s’adapter aux défis auxquels font face les communautés agropastorales. Nos équipes entendent fournir des solutions durables qui permettent d’améliorer l’accès à la nourriture dans la région sur le long terme.