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actualité | 04 Juin 2013 | Côte d'Ivoire | Réhabilitation

L’auto-entrepreneuriat porte ses fruits en Côte d’Ivoire

Tra Lou subvient aux besoins de sa famille grâce à son stand de fruits et d’oignons à Yopougon. © ACTED

La crise postélectorale en Côte d’Ivoire a provoqué une contraction radicale de l’économie, causant une inflation importante des prix des denrées. ACTED, présente dans le pays depuis 2011, vise à atténuer les conséquences négatives persistantes de la crise sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des ménages les plus pauvres d’Abidjan. Lancé en juin 2012, ce projet offre un soutien à 1600 ménages vulnérables pouvant reprendre une activité génératrice de revenus. Tra Lou et Camara sont deux bénéficiaires appuyées par ACTED, soutenu par le Service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission européenne.

Tôt le matin, le cœur d’Abobo, commune vulnérable d’Abidjan, s’éveille doucement. Devant leurs étals de fruits et légumes, les vendeuses marchandent déjà avec leurs premiers clients. Au milieu des petites tables en bois qui servent de promontoires se dresse le stand de Camara, qui s’affaire autour de ses tomates. Plus au sud, dans le quartier de Yopougon, Tra Lou dispose tranquillement ses oranges avant de débuter sa journée. Si ces scènes appartiennent désormais au quotidien, la situation n’a pas toujours été aussi simple pour ces deux jeunes femmes.

La crise économique a provoqué une contraction radicale de l’économie, due notamment au manque de liquidités. Les prix des denrées de base ont alors connu une véritable envolée (jusqu’à 200%). De plus, si 94% des personnes exerçaient une activité génératrice de revenus avant la crise de 2011, ils n’étaient plus que 54% à l’issue de celle-ci.

Des tomates pour survivre

A Abobo, Camara, qui a pu reprendre son activité avec l’aide d’ACTED, vend aujourd’hui ses tomates avec le sourire. Elle gagne environ 5000 FCFA (7,5 euros) par semaine et la totalité de sa recette est injectée dans la nourriture, le loyer et les autres besoins du ménage. Le foyer consomme pourtant deux repas par jour depuis l’intervention d’ACTED. Eloignée de son lieu d’approvisionnement, elle perd une partie de sa marchandise dans le déplacement et ne peut être présente en permanence sur son stand et surveiller sa marchandise, car elle doit également se consacrer ponctuellement à des tâches ménagères.

Tra Lou, une commerçante dans le vent

Mère de deux enfants, Tra Lou vit avec son mari sans emploi au sein d’un joyeux foyer de six personnes, au cœur du quartier de Yopougon Koweit. Accueillante, cette vendeuse de fruits hauts en couleurs (orange, citron, pommes) tient son activité en bord de route et propose des prix abordables à ses clients qu’elle sait convaincre et fidéliser. Grâce à l’intervention d’ACTED, Tra Lou gagne aujourd’hui en moyenne 15 000 FCFA par semaine (23 euros), couvrant ses dépenses fixes d’un montant de 7000 FCFA par semaine (environ 11 euros). Elle a également réussi, grâce aux transferts du projet, à épargner près de 50 000 FCFA (75 euros) sur son compte mobile money, qui lui permet de transférer de l’argent directement depuis son téléphone portable, et aborde ainsi avec plus de sérénité les six prochains mois pour elle et son foyer. Toute sa famille consomme désormais trois repas par jour, ce qui n’était pas le cas avant le démarrage du projet. Grâce aux bénéfices engendrés par son activité et au soutien d’ACTED, Tra Lou s’est lancée dans la vente d’oignons. La diversification de ses produits lui assure ainsi la pérennité de son petit commerce.

L’intervention d’ACTED a ainsi pu profiter à ces deux ménages et à 1598 autres en leur apportant l’aide nécessaire à l’amélioration de leurs capacités de résilience.