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actualité | 26 Décembre 2011 | France | Urgence

Au-delà de l’urgence

Les inondations actuelles au Cambodge, qui ont affecté plus de 50 000 familles et détruit 20 000 hectares de cultures, ou encore le cyclone 12-E au Nicaragua, qui a provoqué inondations, glissements de terrain, d’importantes destructions d’habitations et d’infrastructures sociales et économiques et de nombreux déplacements de populations, sont deux exemples récents d’urgence humanitaire dont on parle peu. Ces crises mobilisent peu et pourtant ACTED entend proposer une réponse.

 

Quelle que soit la nature de la crise qui affecte une population – catastrophe naturelle, crise politique, conflit, etc. – ACTED intervient auprès de ceux qui ont brutalement été privés de leurs moyens de subsistance afin de leur apporter une première aide, en fonction des besoins de première nécessité identifiés: avoir accès à une eau potable et de la nourriture, trouver un abri pour des populations souvent déplacées et ayant tout perdu.

Cette exigence liée à notre mandat implique une priorité double pour nos équipes : il s’agit d’une part de maintenir une capacité de réponse d’urgence dans des contextes où nos programmes visent des résultats à moyen et long terme, et, d’autre part de rapidement dépasser les situations d’urgence pour s’attacher à enclencher rapidement des logiques de plus long terme. En effet, l’aide de première nécessité ne suffit pas aux populations pour reprendre le cours normal de leur vie. A quelques jours voire quelques semaines d’une catastrophe, il est indispensable de permettre aux populations de générer leurs propres moyens de sortie de crise.

De la même manière, et dans les contextes où les populations sont régulièrement touchées par des catastrophes, la réponse d’urgence doit aussi s’accompagner de programmes de prévention des catastrophes, en lien avec les communautés et les autorités, afin de renforcer les mécanismes et comportements de réponse en cas de nouvelle catastrophe (systèmes d’alerte et évacuation dans des zones sujettes aux inondations par exemple), ou, dans les cas où l’urgence est moins soudaine, il s’agit de savoir identifier et repérer les signes avant coureurs d’une catastrophe avant d’atteindre une situation critique.

Notre objectif n’est ainsi pas de travailler uniquement en réponse à des situations d’urgence, mais d’également assurer le lien entre urgence, réhabilitation et développement, en accompagnant les communautés les plus vulnérables dans leur développement durable, et à terme, leur permettre une certaine autonomie dans leurs moyens de subsistance, par rapport à l’aide extérieure. Ce développement durable passe nécessairement par de la prévention et de l’anticipation des crises.

D’une intervention ciblée à une approche globale

L’approche d’ACTED, son expérience acquise depuis plus de quinze ans, la connaissance de ses pays d’intervention, 31 à ce jour, et sa capacité de réponse accrue permettent à ACTED d’envisager aujourd’hui une réponse globale et intégrée aux crises humanitaires les plus importantes. ACTED prend la décision d’intervenir sur la base de besoins identifiés et en coordination avec les autres acteurs, étatiques, internationaux, etc., avec toujours la volonté d’apporter une valeur ajoutée à une intervention humanitaire, à une population, à des besoins non pourvus, en prenant soin notamment de cibler les populations vulnérables isolées, difficiles d’accès, et en proposant des activités adaptées aux contextes. Du Sahel au Myanmar, ou d’Afrique Centrale à l’Irak, ACTED répond aussi aux urgences délaissées par les médias et la communauté internationale et s’efforce d’alerter la communauté internationale par des actions de plaidoyer. Aujourd’hui plus que jamais, la problématique de l’insécurité alimentaire est une préoccupation majeure pour ACTED dans la bande du Sahel.

Les catastrophes naturelles se multiplient depuis la dernière décennie ; les équipes d’ACTED répondent aux urgences majeures depuis 2005 et le Tsunami en Asie du sud-est, et plus particulièrement ces deux dernières années : le séisme en Haïti en janvier 2010, dont le choc psychologique a retenti dans le monde entier, les inondations de juillet 2010 au Pakistan, qui ont touché 21 millions de personnes, soit l’une des pires catastrophes humanitaires des vingt dernières années, et la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique, dont l’impact a été exacerbé par le changement climatique, une problématique qui a des conséquences humanitaires dramatiques pour des centaines de milliers de personnes chaque jour.

La réponse d’ACTED à l’urgence est adaptée à chaque contexte, dans la nature des interventions, mais également en fonction de l’ampleur de la catastrophe, avec une volonté de l’ONG d’engager des opérations à la hauteur des besoins. C’est, dans certains contextes, faire le choix du défi et aller au-delà de l’évidence, avec des engagements logistiques extraordinaires dans les moyens mobilisés sur le terrain pour répondre aux besoins de première urgence des victimes de crises.

Cela a été le cas au lendemain du séisme en Haïti, où la plupart des acteurs humanitaires ont concentré leurs premiers efforts sur un Port-au-Prince dévasté, les équipes d’ACTED ont décidé de mener en parallèle les premières activités dans la capitale ainsi qu’à Léogâne, une ville située à 20 kilomètres, délaissée par l‘effort humanitaire. Suite à ces premières opérations ciblées pour les groupes les plus vulnérables et isolés, ACTED a décidé d’adapter son approche à l’urgence de la situation en organisant des distributions massives et simultanées de nourriture aux populations sinistrées aussi bien à Léogâne qu’à Port-au-Prince, afin de pallier l’un des besoins les plus urgents, pour éviter tout débordement et afin de prévenir une hausse du prix des denrées alimentaires dans l’ensemble du pays.

Forte de sa présence dans la zone du Plateau Central et de ses programmes d’alerte précoce, ACTED a également réagi rapidement en venant en aide aux populations ayant fui Port-au-Prince pour trouver refuge dans ces zones traditionnellement parmi les plus pauvres d’Haïti. Nos équipes ont ainsi démarré dans les jours qui ont suivi le séisme des distributions de pastilles de potabilisation de l’eau pour assurer l’accès de ces sinistrés et de leur famille d’accueil à une eau propre à la consommation. Quelques mois plus tard, nous avons de nouveau été alertés par ce système dès l’apparition des premiers cas de choléra, avec une mobilisation immédiate et conséquente avec de nombreux partenaires pour prévenir la propagation et améliorer les conditions sanitaires des communautés sur place.

Au Pakistan, ACTED était déjà présente notamment dans le nord-ouest, dans la province du Khyber Pakhtunkhwa, lorsque les inondations ont frappé une grande partie du pays pendant l’été 2010. La compréhension du contexte et l’expérience d’ACTED ont permis de mettre en place d’une intervention massive dans les provinces touchées par ces inondations sans précédent. Pour ce faire, ACTED a travaillé en coordination avec d’autres acteurs humanitaires pour accroître l’impact de l’aide, la capacité de réponse et son efficacité, une approche qui a notamment donné lieu à des projets communs avec des partenaires et une programmation commune.

La crise alimentaire touche plus de 13 millions de personnes à travers la Corne de l’Afrique, et pourtant une grande partie de l’attention médiatique s’est uniquement focalisée sur le camp de réfugiés de Dadaab, plus grand camp au monde avec près de 500 000 personnes. ACTED s’est quant à elle mobilisée sur d’autres régions durement touchées, au nord du Kenya et dans le sud de la Somalie, avec pour objectif de soutenir les populations isolées.

La prise en compte des besoins immédiats comme préalable d’une différence à long terme

La vision et l’expérience opérationnelle d’ACTED permettent d’avoir un impact plus efficace sur l’urgence. La phase de post-urgence, au cœur des priorités d’ACTED et pourtant moins médiatisée et souvent difficile, se prépare en amont, idéalement dès les premiers jours de la crise. Les choix faits dans les premières semaines sont déterminants pour la suite : la localisation des interventions, l’identification des bénéficiaires grâce à des outils de capitalisation performants, partagés avec l’ensemble des acteurs humanitaires, ou la participation des populations aux opérations d’urgence. La post-urgence est ensuite une phase clef pour l’appui des communautés dans la sortie de crise et leur relèvement. Le succès de cette transition, parfois délicate, repose, entre autres, sur l’appropriation dès la phase d’urgence des activités par les communautés bénéficiaires qui sont ainsi préparées à travailler, avec les acteurs de l’aide, sur la reconstruction. Idéalement, cette phase se prépare dès les premiers jours de l’urgence. C’est l’approche privilégiée par ACTED.