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actualité | 03 Mars 2011 | Ouganda | Développement

Amélioration de l’accès à l’eau pour les communautés Pokot

Les villageois de Kabwatatuk attendent l’arrivée de l’eau provenant de l’un des rares points d’eau restants.

L’équipe ACTED chargée de l’eau et des membres de la communauté entament les travaux pour la construction d’un nouveau point d’eau.

Développer la résistance à la sécheresse par le renforcement des moyens de subsistance

Le district du Nord Pokot est une zone agro-pastorale à la frontière du Kenya et de l’Ouganda qui a été privée de pluies pour la cinquième fois en 6 ans. Longtemps négligées par le gouvernement et les ONG, les communautés de la zone sont très vulnérables aux dangers liés aux difficiles conditions climatiques. ACTED, l’un des rares acteurs dans la région possédant la capacité pour faire face à la problématique, a mis en place un programme de réponse à la sécheresse qui vise à atténuer les conséquences du manque de pluies et à jeter les bases d’un relèvement précoce et d’un développement durable de la région.

Le district du Nord Pokot, dans la Vallée du Rift au Kenya, abrite environ 156 000 personnes, appelées les Pokots. La majorité de la population dépend de moyens de subsistance pastoraux. Région frontalière faiblement peuplée, le Nord Pokot a longtemps été négligé par le gouvernement et les acteurs internationaux. C’est une zone caractérisée par des routes en mauvais état, des sources d’eau qui fonctionnent, insuffisantes des taux d’analphabétisme élevés et un accès limité aux services de santé. Même lorsque les niveaux de précipitations sont idéaux, les communautés luttent pour s’approvisionner en eau potable en quantité suffisante pour leur consommation personnelle et pour leur bétail. La pauvreté généralisée et l’insécurité alimentaire sont un mode de vie plutôt qu’une situation d’urgence.

L’absence de pluies

Lit de rivière asséché à Kasei. En janvier de cette année, l’équipe de Suivi, Monitoring et Evaluation d’ACTED a constaté que moins de la moitié des sources d’eau de la communauté étaient encore en état de fonctionnement et que beaucoup d’autres étaient sujettes à une pression trop importante, et donc sur le point de céder. Cependant, parmi les points d’eau restants, nombreux étaient ceux réhabilités par ACTED au cours d’interventions antérieures. Le projet de gestion des ressources des terres arides, responsable du système d’alerte précoce de la zone, a aussi noté la baisse dramatique des précipitations, détériorant rapidement les pâturages, et l’augmentation des distances que les communautés doivent parcourir pour accéder à des pâturages et à de l’eau.

Réponse à la sécheresse

ACTED Ouganda / Kenya, qui travaille dans le district du Nord Pokot depuis 2007, a récemment identifié les premiers signes d’une sécheresse future dans la zone. Face à cette situation, ACTED met en œuvre un programme de relèvement précoce transversal qui a pour objectif de permettre à environ 10 000 membres les plus vulnérables de la communauté d’acheter de la nourriture grâce à des activités de Travail contre Paiement ou des activités de déstockage, d’augmenter la résistance du bétail aux maladies, et d’améliorer l’accès à l’eau. Ce faisant, ACTED vise à préparer les communautés à la sécheresse prévue en 2011 et à faire en sorte qu’elles se remettent rapidement de cette situation. Pendant ce temps, l’équipe ACTED spécialisée dans l’eau, qui travaille depuis trois ans dans le Nord Pokot, redoublera ses efforts pour améliorer l’accès à des sources d’eau sûres et fiables.

Selon Sebastien Lambroschini, le Directeur Pays d’ACTED Ouganda / Kenya, l’aspect le plus décisif de la réponse à la sécheresse est d’intervenir le plus tôt possible.

« Nous ne voulons pas être des pompiers qui arrivent lorsque la maison est déjà en flammes mais plutôt la réponse qui arrive suffisamment tôt pour atténuer certains des effets de la sécheresse attendue. »

Investir dans l’avenir

ACTED Ouganda / Kenya est résolument engagée à reprendre des activités normales centrées sur le développement à long terme après avoir pallié les effets de la sécheresse. La vulnérabilité et l’insécurité alimentaire dans le Nord Pokot ne peuvent être résolues que grâce au développement des infrastructures, à un accès à l’eau adéquat, et en formant les communautés à planifier à l’avance pour atténuer les risques posés par la sécheresse et autres catastrophes naturelles, tout en se reposant sur des accords sur le partage des ressources et en résolvant les conflits sur les ressources entre les communautés. En effet, ACTED travaille avec les comités des communautés chargés de la gestion des catastrophes afin d’accompagner les communautés dans la réduction des risques de catastrophes.