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Répondre aux urgences et construire la résilience aux catastrophes

La gestion des risques des catastrophes (GRC) est de plus en plus centrale dans l’intervention et le travail d’ACTED. Sous ce pilier, ACTED travaille dans le cadre du cycle GRC qui comprend l’ensemble des activités, programmes et mesures qui peuvent être prises avant, pendant et après une catastrophe – qu’elle soit d’origine naturelle ou humaine – dans le but de l’éviter, de réduire son impact, ou de se remettre des pertes engendrées par celle-ci. ACTED ne retient pas l’approche d’un continuum linéaire dans la gestion des risques et de la construction de la résilience aux catastrophes, mais plutôt une approche sous la forme d’un contiguum cyclique dans le cadre d’un cycle holistique qui inclue différentes interventions combinant la réponse, le redressement, la réduction et la préparation, tout en liant Urgence, Réhabilitation et Développement (Linking Relief, Rehabilitation and Development ou LRRD). Un meilleur développement peut réduire le besoin d’intervention d’urgence ; une meilleure intervention d’urgence peut contribuer au développement ; et une meilleure réhabilitation peut faciliter la transition entre les deux phases.

ACTED place la résilience au coeur de son approche de gestion des risques liés aux catastrophes. ACTED reconnaît que les chocs et pressions sont seulement des facteurs de vulnérabilité parmi d’autres et croit fermement que construire la résilience des populations touchées d’une manière holistique est non seulement efficace mais également efficiente et durable. La résilience fait référence à la capacité d’un individu, d’un foyer, d’un groupe de population ou d’un système à absorber, s’adapter et à se transformer suite aux chocs et stress sans compromettre – et potentiellement renforcer – les perspectives de long terme. La capacité à absorber les chocs comprend les stratégies d’adaptation que les individus, les foyers, ou les communautés adoptent afin de mitiger ou amortir les impacts des chocs sur leurs moyens d’existence et besoins de base. La capacité d’adaptation concerne l’aptitude à apprendre des expériences et à ajuster les réponses aux conditions externes changeantes, sans pour autant arrêter de fonctionner. La capacité de transformation concerne l’aptitude à créer un système foncièrement nouveau quand les structures écologiques, économiques ou sociales rendent le système existant intenable. Ainsi, le concept de résilience ne concerne pas seulement l’impact des catastrophes, mais également ce qui rend les communautés vulnérables aux chocs et stress multiples. Il examine également dans quelle mesure les communautés sont capables de se remettre sur pied à la suite d’une catastrophe, d’un conflit ou d’un choc, et répond aux problématiques de vulnérabilités centrales de ces communautés, tout en mettant l’accent sur le besoin de se remettre de tels chocs afin de réduire les risques futurs. Les efforts d’ACTED en faveur de la construction de la résilience ont pour objectif de contribuer à une réduction durable de la vulnérabilité grâce aux capacités d’absorption, d’adaptation et de transformation renforcées des populations, gouvernements et autres acteurs ; une meilleure capacité à identifier, gérer et réduire le risque ; et de meilleures conditions économiques et sociales pour les populations vulnérables. L’approche de la résilience dans le cadre du cycle de gestion des risques liés aux catastrophes permet de faire le lien crucial entre la réponse d’urgence, le relèvement précoce et le développement sur le long terme.

Thématique clef 1.1. Réduction des risques et prévention

Contexte

Durant les 20 dernières années, les catastrophes naturelles sont à l’origine de plus de 1,3 million de morts; elles ont affecté 4,4 milliards de personnes (soit 64% de la population mondiale) et conduit à 2000 milliards de dollars de dégâts et pertes économiques. L’intensité et la possible fréquence des catastrophes hydrométéorologiques telles que les inondations, les cyclones et  les sécheresses devraient augmenter parallèlement à l’avènement des changements climatiques. La croissance, la migration et l’urbanisation de la population, plus particulièrement dans les zones côtières situées sous le niveau de la mer et à risques, impliquent l’accumulation des risques et l’augmentation de la probabilité de pertes humaines et économiques. La mauvaise gestion des ressources naturelles et la dégradation des écosystèmes clefs, la faible capacité institutionnelle et de gouvernance, la non-existence ou non-application des politiques ou les contraintes financières, compromettent la résilience des pays à bas et moyens revenus, avec des conséquences plus graves et une réponse plus limitée. Cependant, la mise en oeuvre des mesures de réduction des risques peut amoindrir les risques et impacts des dangers potentiels.

Activités

  • Promouvoir et institutionaliser la réduction des risques liés aux catastrophes basée sur les écosystèmes, avec un accent particulier sur l’adaptation au changement climatique (promotion de pratiques agricoles durables respectueuses du climat, efficacité énergétique, etc.) et la gestion intégrée des ressources naturelles (gestion des lignes de partage des eaux, utilisation durable des terres, etc.) ;
  • Mise en oeuvre d’activités de réduction des risques (construction de digues anti-inondations, amélioration des systèmes de drainage, etc.) ;
  • Mise en oeuvre d’activités de réduction des risques nonstructurelles (zonage de l’utilisation des terres, formulation de réglementations liées à la sécurité, l’éducation et la formation publique, etc.) ;
  • Cartographie et modélisation des risques et vulnérabilités, et intégration de ces derniers dans les plans de développement ;
  • Protection des moyens d’existence.

Impacts visés et indicateurs de réussite

La vulnérabilité des populations aux risques naturels est réduite grâce à un investissement dans des mesures simples de réduction des facteurs de risques sous-jacents.

  • Nombre de personnes dont la vulnérabilité face aux risques naturels a diminué

Thématique clef 1.2. Préparation

Contexte

Force est de constater que malgré les meilleurs efforts d’atténuation des risques et de l’impact des catastrophes, les risques et les chocs ne peuvent pas être entièrement évités et continueront d’avoir lieu. Les individus doivent donc être prêts à gérer le stress et les forces destructives, gérer et maintenir les fonctions et services de base lors d’événements désastreux, et avoir la capacité à se relever et rebondir après un tel événement. Le besoin en systèmes de préparation adéquats, et l’importance d’appliquer une méthode multi-disques, est de plus en plus important étant donné que les défis glovaux que sont la croissance démographique, l’urbanisation, l’insécurité alimentaire, le changement climatique et la compétition autour de l’accès aux ressources rares sont de plus en plus la cause des besoins humanitaires. Les interventions de préparation sont moins coûteuses que la réponse et l’action d’urgence. Pour chaque dollar (1 USD) dépensé dans le cadre de la préparation aux catastrophes, près de sept dollars (7 USD) sont économisés sur de potentielles dépenses d’urgence liées aux catastrophes. En effet, des stratégies de préventions plus efficaces permettraient non seulement d’économiser des dizaines de milliards de dollars, mais également de sauver des dizaines de milliers de vies.

Activités

  • Renforcement et intégration de la gestion des risques de catastrophes naturelles au niveau des communautés (Community-Based Disaster Risk Management ou CBDRM) aux processus de planification du développement par les autorités ;
  • Renforcement des capacités des autorités en termes de préparation et réplication des plans de préparation et de secours, de recherche et sauvetage, y compris d’équipement en matériel nécessaire ;
  • Soutien à la coordination et systèmes de partage des données, incluant le développement et la promotion de systèmes d’alerte précoces (SAP) ;
  • Approvisionnement et pré-acheminement de stocks de secours ;
  • Renforcement des cadres politiques nationaux et régionaux de gestion des risques liés aux catastrophes.

Impact visé et indicateurs de réussite

Les individus sont en capacité de devenir plus résilient face aux risques naturels en renforçant les systèmes d’alerte précoces pour une réponse efficace à tous les niveaux de la société.

  • Nombre de personnes couvertes par les plans/activités de gestion des risques liés aux catastrophes ainsi que par les systèmes d’alerte précoces ;
  • Nombre de personnes sensibilisées, pouvant démontrer leur compréhension des risques actuels et futurs, et touchées par mesures de préparation adaptées.

Thématique clef 1.3. Réponse d’urgence

Contexte

Chaque année, les conflits, l’insécurité et les catastrophes naturelles affectent des millions de personnes, détruisent les moyens de subsistance et sapent les bénéfices difficilement acquis du développement. Les urgences peuvent rapidement bouleverser les capacités existantes des gouvernements et des communautés, et requièrent souvent une assistance externe immédiate pouvant répondre de façon rapide et efficace aux multiples besoins des populations affectées. Il y a en effet un écart grandissant entre les besoins en protection et en aide humanitaire des populations affectées par les crises, et la capacité des gouvernements et des acteurs humanitaires internationaux à répondre à ces besoins. Immédiatement après une catastrophe, la réponse et les activités d’urgence d’ACTED offre des solutions adaptées aux contextes dans le but de sauver des vies, d’assurer la sécurité des personnes et de répondre aux besoins de base des populations affectées, tels que des abris d’urgence, de l’eau et de la nourriture, en coordination étroite avec les acteurs/clusters pertinents.

Activités

  • Aide alimentaire et nutritionnelle ;
  • Fourniture d’abris d’urgence ;
  • Distribution de biens d’urgence non-alimentaires (Non Food Items, ou NFI) ;
  • Mise à disposition d’eau potable et d’installations sanitaires et promotion des bonnes pratiques d’hygiène;
  • Activités de protection, par exemple espaces adaptés aux besoins des enfants et des femmes ;
  • Gestion de camps de réfugiés et de déplacés internes ;
  • Logistique d’urgence ;
  • Appui aux institutions publiques et aux prestataires de services publics qui fournissent des services vitaux relatif notamment à l’eau, la santé et l’éducation ;
  • Appui aux systèmes de gestion de l’information pour un meilleur ciblage et une meilleure planification de l’aide d’urgence, en collaboration avec REACH.

Impact visé et indicateur de réussite

L’aide humanitaire est fournie aux populations affectées par les crises selon des principes d’impartialité et de non-discrimination afin de préserver leur droit de vivre dignement.

  • Nombre d’individus affecté par les crises bénéficiant d’aide et de protection leur permettant d’exercer leur droit humain de base de vivre dignement, par secteur.

Thématique clef 1.4. Réhabilitation et relèvement précoce

Contexte

Une fois les besoins d’urgence comblés et la crise initiale passée suite à une catastrophe ou à un conflit, les populations affectées demeurent en situation de vulnérabilité accrue. Les activités de réhabilitation et de relèvement précoce sont un aspect important en vue du rétablissement des services de base afin de permettre aux populations capables de retrouver une vie normale. L’idée est de « reconstruire mieux, de manière plus sûre et plus juste » (Build Back Better, Safer and Fairer) – considérant la réhabilitation et le relèvement comme étant également des opportunités pour s’attaquer aux causes sous-jacentes de la vulnérabilité ainsi qu’aux risques futurs, et préparer le terrain pour le développement durable et la résilience aux crises futures.

Activités

  • Construction et réhabilitation des infrastructures et des actifs productifs ;
  • Appui aux institutions publiques qui fournissent les services de base ;
  • Diffusion des connaissances en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages pour promouvoir un régime alimentaire équilibré et nutritif ;
  • Construction et réhabilitation de logements d’urgence ;
  • Amélioration de l’accès à l’eau potable, mise en place d’installations sanitaires et promotion des bonnes pratiques d’hygiène ;
  • Rétablissement des moyens de subsistance et promotion de l’autonomie avec une approche économique des ménages.

Impact visé et indicateur de réussite

Les individus affectés par les catastrophes et les conflits ont la capacité à mieux reconstruire leurs vies, et les causes sous-jacentes de la vulnérabilité et des risques futurs ont été traitées, offrant les bases d’un développement durable pour l’avenir.

  • Nombre d’individus aidés grâce à l’accès aux services socio-économiques et à des moyens d’appuyer leur relèvement et de construire leur résilience ;
  • Nombre d’infrastructures sociales et d’actifs productifs rétablis/construits.