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actualité | 06 Septembre 2017 | Centrafrique | Urgence

Les agriculteurs de la Ouaka recommencent à semer

Un champ de maïs dans le village de Wasinga, situé à 48 kms de Bambari, planté grâce aux semences achetées au marché local organisé par ACTED.

Aujourd'hui, l'équipe de sécurité alimentaire d'ACTED se rend à Wasinga, un petit village de 189 familles dans la préfecture de la Ouaka, en République centrafricaine, pour suivre les progrès de 29 familles qui ont reçu des semences et des outils grâce à un nouveau projet agricole dans la région.

Tôt le matin, à 8 heures, des villageois ont participé à une formation pour expliquer les bienfaits du désherbage. Avec le chef du village, l'équipe s’apprête à rendre visite aux bénéficiaires sur leur parcelle pour voir les avancées et prodiguer des conseils.

De 2013 à 2016, la RCA a été ébranlée par des conflits violents. Dans la Ouaka, les villageois ont dû se réfugiés dans les forêts. Justin, expert agricole travaillant avec ACTED sur le projet, explique que « les gens ont dû quitter leurs maisons et leurs fermes, et n’ont pas eu le temps d’emporter outils et semences en prévision de futures récoltes. Les villageois ne sont de retour que depuis le début de l'année et ont très peu de moyens pour reprendre leurs activités agricoles.

Le projet de sécurité alimentaire d’ACTED

Afin de faciliter le retour des familles dans leurs villages d'origine, ACTED, avec le soutien du Comité Interministériel d'aide alimentaire (CIAA), met en œuvre un projet de sécurité alimentaire dans la préfecture de la Ouaka depuis 2017. ACTED met en œuvre ce projet dans 47 villages autour de Bambari et Kouango, deux grandes villes de la préfecture de la Ouaka. Les outils et les semences distribuées, ainsi que les formations prodiguées, permettent de stimuler la production agricole des familles. Plutôt que de distribuer les semences directement aux villageois, ACTED a opté pour un mécanisme de coupons, permettant ainsi aux familles participant au projet de les échanger contre les semences de leur choix auprès des vendeurs locaux.

Témoignages de bénéficiaires

Après 30 minutes de marche à travers la forêt entourant le village, l’on ressort enfin au grand jour, révélant des rangées étroites de plants de maïs et de manioc, et une large étendue de pousses de soja. Klingou et son mari Fei travaillent dur dans leur demi-hectare de terrain. « Début juillet mon mari est parti trois jours au marché organisé par ACTED. Il en a ramené des graines de maïs, de haricot, de courge et de manioc pour que nous les plantions », explique Klingou. Cette même démarche a été utilisée pour l'achat d'outils.« Nous sommes très satisfaits de la façon dont les choses se sont passées jusqu'à présent », ajoute Klingou, « avec la quantité de graines que nous avons achetées, nous aurons assez pour nourrir nos six enfants pour l'année à venir ».

Dans la parcelle voisine, Richard regarde avec satisfaction son champ de maïs. « Je n'ai jamais été agriculteur », explique-t-il, « avant les événements de 2013, j'étais mineur à Bakala, je n'avais jamais cultivé. Lorsque le conflit a éclaté, j'ai décidé de retourner dans mon village d’origine et de reprendre les terres agricoles de ma famille. » Grâce aux formations données par ACTED, Richard a pu apprendre des méthodes pour augmenter ses rendements. « Avant que nous ne mettions nos semences en terre, on nous a appris à semer en rangées et à noter soigneusement les dates de mise en terre pour améliorer nos estimations de la période de récolte », explique-t-il.

Grâce à un réseau d'experts et de techniciens, ACTED organise des formations avec les agriculteurs locaux pour améliorer leurs capacités. Au cours des prochains mois, 30 agriculteurs seront sélectionnés pour poursuivre les formations dans la ville de Bambari, en veillant à ce que, à leur retour, le reste de la communauté bénéficie de l'information acquise. « Dans les mois à venir, nous apprendrons des méthodes pour fabriquer des bio-pesticides pour lutter contre les insectes et les moyens de stocker et de préparer nos produits afin d'accroître leur viabilité commerciale », ajoute Richard. « Cette nouvelle connaissance m'a donné le courage de recommencer à travailler et d'essayer de refaire ma vie ici ».