Afghanistan: les défis du processus de sélection des bénéficiaires
Aide humanitaire d’urgence pour les ménages vulnérables dans les provinces de Faryab et de Baghlan en Afghanistan
Jusqu’à aujourd’hui, ces deux provinces ont peu bénéficié de l’attention des agences de développement et du gouvernement, et ce notamment dans certaines parties de la province de Faryab, identifiées dans le cadre du projet, où les populations les plus pauvres ont été obligées de s’adapter afin de survivre à l’hiver. Ainsi, dans le village de Qarah Mullah Qurban des enfants balaient régulièrement les rues afin de ramasser le fumier et des morceaux de paille qui sont utilisés comme combustible pour le chauffage et la cuisson des aliments, alors que le prix du bois est bien trop élevé pour la plupart des familles afghanes. Une autre famille de Takhti Qeshlaq a pour sa part utilisé du fourrage pour faire du pain, bien moins cher que la farine.
Cette pauvreté endémique a représenté un véritable défi pour ACTED qui s’est concentrée tout particulièrement sur les ménages les plus vulnérables. Non seulement le projet a permis à 3226 bénéficiaires de profiter des activités de travail contre paiement, mais il a également permis de soutenir plus de 1000 bénéficiaires grâce à des aides directes aux ménages qui ne comptent pas d’hommes capables de participer aux activités. Cette sélection des bénéficiaires directs s’est révélée être une question particulièrement sensible, qui a pu être résolue sans conflits communautaires grâce à une participation et l’approbation de l’ensemble des communautés.
Processus de sélection des bénéficiaires
Des comités de sélection des bénéficiaires ont été mis en place afin de procéder aux choix, composés des membres des Comités de développement communautaire, des sages des villages, des employés d’ACTED et des représentants des autorités. Le processus de sélection s’est basé sur les critères du HCR avec une attention particulière portée aux ménages avec des femmes à leur tête, aux populations âgées et handicapées, sélectionnés en tant que bénéficiaires directs. Le processus a également permis d’identifier les familles frappées par le chômage, et celles particulièrement nombreuses ou bénéficiant de revenus limités. Les équipes d’ACTED ont également suivi le processus de sélection afin d’en garantir l’équité.
Des listes de bénéficiaires ont été validées par les communautés, permettant ainsi de réduire et de prévenir toutes tensions et conflits. Dans le village de Welch Ali (province de Baghlan), le démarrage du projet a dû être reporté après que deux villageois aient contesté l’inclusion de personnes d’un autre village parmi les bénéficiaires. Le désaccord a été résolu grâce à l’intervention du Comité de développement communautaire et des sages qui ont pu convaincre ces personnes que les bénéficiaires du village voisin méritaient en effet cette aide. Le nombre de bénéficiaires potentiels et leur sélection pour ce projet dans une province de Faryab marquée par une grande pauvreté a également constitué un véritable défi.
Les personnes les plus vulnérables peuvent-elles travailler ?
Parmi les bénéficiaires des activités de travail contre paiement, certains avient plus de 85 ans. Ce phénomène représente un véritable défi programmatique puisque les bénéficiaires les plus vulnérables ne sont pas toujours les plus aptes à assumer les activités de travail. Néanmoins, si ces personnes n’étaient pas sélectionnées dans le cadre de ces activités, elles seraient forcées à recourir à d’autres moyens encore plus extrêmes pour subvenir à leurs besoins, tels que la mendicité. Dans les provinces de Baghlan et de Faryab, les personnes âgées ont été sélectionnées aussi bien en tant que bénéficiaires des aides et des activités de travail, avec l’approbation des représentants des communautés et de l’ensemble des parties impliquées dans le projet.
L’intégration de bénéficiaires d’aides dans le projet a été bien gérée, sans conflits, avec la participation des communautés. Et l’une des principales leçons apprises dans le cadre de ce projet est l’intérêt de faire participer les ménages les plus vulnérables aux activités de travail contre paiement, avec des suggestions telles que le recours aux personnes les plus âgées ou handicapées pour assumer des fonctions de suivi des travaux ou de tenue des stocks. Les femmes peuvent également participer en préparant les repas pour les autres travailleurs ou peuvent même gérer des gardes d’enfants pour les femmes plus jeunes qui sont également impliquées dans les activités de travail contre paiement.
Mais le principal obstacle auquel ACTED a dû faire face ne vient pas d’Afghanistan mais plutôt de la fluctuation du cours du dollar qui a influé sur la gestion du projet et qui a dû être compensée par une réduction de nombre de jours travaillés à Faryab. Mais bien heureusement, la baisse du prix des denrées alimentaires sur les marchés locaux a permis d’atteindre les objectifs initiaux du projet : aider les ménages participants au projet à couvrir plus de 50% de leurs frais alimentaires pour les mois d’hiver.








