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actualité | 07 Octobre 2011 | Afghanistan | Développement

Afghanistan 10 ans après : priorité au développement communautaire

L’innovation énergétique par l’hydroélectricité

Les projets d’hydroélectricité comptent parmi les principaux succès du programme de solidarité nationale (NSP) dans les provinces afghanes du Badakhshan et de Takhar ; une approche qu’ACTED souhaite développer dans le cadre de nouvelles activités

KABOUL [ACTED News] - Les turbines à énergie hydroélectrique (Micro-Hydro Power, MHP) sont un équipement permettant la transformation de l’énergie provenant de l’écoulement des eaux en électricité. L’écoulement des eaux permet de faire tourner une turbine, qui par sa rotation transforme l’énergie créée en électricité. Tandis que les roues traditionnelles utilisent l’énergie de l’écoulement de l’eau pour faire fonctionner des moulins, les turbines hydrauliques modernes utilisent cette énergie pour créer de l’électricité. Ces systèmes sont en outre conçus pour limiter l’impact environnemental avec un niveau de contrôle automatisé, qui permet de diminuer les coûts de fonctionnement et d’augmenter la fiabilité sur le long terme, avec un impact significatifs pour les bénéficiaires.

Les turbines hydrauliques dans le nord-est afghan

Les provinces de Takhar et du Badakhshan, au nord est de l’Afghanistan, sont composées de villages et de zones rurales pour la majorité dépourvus d’accès à l’électricité, en dépit de l’abondance d’eau de source et de petites rivières dans cette région montagneuse. Le succès d’une installation MHP exige un écoulement des eaux rapide et puissant pour produire suffisamment d’électricité pour les villageois.

Les turbines hydrauliques (MHP) sont à l’origine de changements importants dans la vie quotidienne des individus et de leur communauté, en apportant de la lumière dans les foyers et en facilitant l’accès à l’éducation, à l’information et aux loisirs pour des personnes isolées par trois décennies de guerre. L’impact de l’arrivée de l’électricité dans un village est multiple : les gens ont désormais accès aux informations en direct sur la situation politique et sociale de leur pays et ont une ouverture sur le monde extérieur. L’accès à des medias comme la télévision et la radio contribue aussi à améliorer l’éducation des enfants et constitue une nouvelle forme de divertissement.

« Ces turbines répondent à notre plus grand besoin ; elles font venir la lumière dans nos maisons, nous offrent une fenêtre sur le monde grâce aux médias, et chacun au sein de la communauté en tire un avantage égal, » s’enthousiasme un villageois.

MHP dans le cadre du NSP

Le NSP en Afghanistan, qui a pour objet de promouvoir la paix, la stabilité, le développement et l’harmonie nationale, est le principal programme du ministère de la réhabilitation et du développement rural (MRRD) du gouvernement afghan. Son fonctionnement consiste à réunir les villageois dans des conseils communautaires à grande échelle et à mettre en place des comités de développement communautaires (CDC). Ces comités comprennent des villageois, qui décident de la bonne utilisation des subventions émanant du MRRD, en lien avec le reste de la communauté. Ainsi, les habitants sont à même de déterminer et de prioriser leurs propres besoins. Le soutien technique pour la conception et la mise en place d’activités est enfin apportée par les partenaires opérationnels, dont ACTED fait partie. Aujourd’hui, les turbines hydrauliques sont une composante clef des projets d’infrastructure du NSP.

La capacité hydroélectrique d’ACTED

Dans le cadre du NSP, ACTED a conçu et mis en place de nombreux projets MHP dans plusieurs localités des provinces du Badakhshan et de Takhar. Au total, ACTED a mis en œuvre 73 projets MHP au sein du NSP, qui ont bénéficié à 63 000 individus dans le nord-est du pays. ACTED prévoit d’aller plus loin en intégrant cette technologie dans des projets autres que dans le cadre du NSP. 240 communautés du nord-est pourraient encore en bénéficier. En offrant une réponse à des besoins critiques de manière durable et avec des coûts peu élevés, les infrastructures MHP pourraient avoir un impact positif sur la situation socio-économique de nombreuses communautés rurales.

 

Afghanistan 10 ans : Soyons à la hauteur !

Paris, 7 octobre 2011 – 10 ans d’engagement n’ont pas conduit aux résultats que souhaitent voir les Afghans ainsi que les organisations d’aide internationale et de défense des droits de l’Homme. Un changement de direction est indispensable pour apporter au peuple afghan l’espoir d’un futur meilleur et plus sûr. Nous appelons nos gouvernements à parvenir à un accord fort sur la voie à suivre, lors de la Conférence de Bonn le 5 décembre prochain – moment crucial du processus politique qui définira l’engagement civil immédiat et à long terme de la communauté internationale en Afghanistan. Cette conférence ne doit pas se réduire à des bavardages inutiles.

Illustrant la situation de la population sur le terrain, un nouveau rapport d’ONG fait ressortir les inquiétudes des Afghans à propos des services de santé et d’ éducation ainsi que de l’insécurité grandissante, à mesure qu’augmente la pression et les attentes à l’égard du sommet prévu entre l’Afghanistan et ses partenaires internationaux, le 5 décembre prochain à Bonn (Allemagne).

Lors de cette enquête d’opinion menée par ACBAR, organe indépendant de coordination d’ONG afghanes et internationales en Afghanistan, des entretiens conduits auprès d’un échantillon représentatif d’hommes et de femmes dans 14 provinces du pays révèlent que, bien que beaucoup d’Afghans accueillent avec satisfaction la construction de nouvelles cliniques et écoles, il y a un mécontentement généralisé s’agissant de la qualité des prestations fournies: manque de services d’urgences, de médicaments et de personnel dans le secteur de santé, pouvant entrainer des décès, et manque de consistance dans le secteur de l’éducation.

Se faisant l’écho des préoccupations des Afghans, une alliance mondiale d’ONG afghanes et internationales, composés d'ONG françaises dont ACTED, appellent les ministres des Affaires étrangères qui se rencontreront à Bonn en décembre à :

  • S’engager pour une aide humanitaire et au développement qui soit solide, durable et civile, afin de construire sur la base des acquis fragiles de ces dernières années, non seulement en termes de santé et d’éducation mais également pour répondre aux nombreux besoins vitaux que sont la nourriture, l’eau, l’assainissement et l’agriculture. Les efforts devraient se recentrer sur l’amélioration de la qualité des services plutôt que de se limiter à la construction d’infrastructures visibles. Il est également nécessaire de veiller à ce que des mécanismes forts soient mis en place pour garantir l’utilisation transparente et responsable des fonds de l’aide au développement.
  • S’assurer que les Afghans de tous horizons et les représentants de la société civile jouent un rôle significatif dans tout processus visant à obtenir un règlement à long terme du conflit en Afghanistan – y compris les femmes qui n’ont eu souvent que très peu d’espace par le passé pour s’exprimer – et que le respect des droits humains et la justice sont au cœur de tout accord potentiel.
  • Mettre en œuvre des nouvelles mesures pour s’assurer que tous ceux impliqués dans le conflit (forces internationales, forces de sécurité afghanes, groupes d’opposition armés) se conforment à leurs obligations d’éviter tout préjudice envers la population civile afghane.

Cet appel est relayé lors d’une série de rassemblements dans les capitales de six pays qui participeront à la Conférence de Bonn : Londres, Berlin, Oslo, Stockholm, La Haye et Paris.

RDV le vendredi 7 octobre Place du Palais Royal à Paris, en face du Conseil à partir de 10h30