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actualité | 23 Mai 2012 | Côte d'Ivoire | Réhabilitation

Affronter le quotidien après la guerre

Des milliers de déplacés à l’ouest de la Côte d’Ivoire retournent actuellement dans leurs villages d’origine et doivent reconstruire leur vie. ACTED soutient ces ménages fragilisés par la crise postélectorale.

Les villages situés sur les axes entre le Libéria et la Guinée sont très difficiles d’accès. Les voies de communication sont régulièrement endommagées et mal entretenues, faute de moyens financiers, limitant l’accès à certaines zones pour les voitures et les camions. Les villages de cette zone n’ont donc que de faibles capacités de résilience aux chocs et bénéficient plus difficilement de l’aide humanitaire. Leur source d’approvisionnement en nourriture, bien que passant en partie par les marchés, réside surtout dans l’autoproduction. Les cultures vivrières sont donc essentielles à la sécurité alimentaire mais fortement dépendantes des pluies régulièrement mauvaises et de plus en plus souvent décalées, perturbant ainsi le calendrier cultural des paysans et provoquant des baisses régulières de la productivité des champs, comme ce fut le cas en 2011.

Nourrir sa famille, la principale priorité

Dans cette zone, même si les habitations ont été pillées pendant la crise, les destructions totales restent rares et les retournés ont en général pu retrouver un logement. Leur première préoccupation est donc l’accès à l’alimentation. « Les marchés sont mal approvisionnés à cause des routes, témoignent les villageois, et la situation a empiré avec la crise. Les prix sont plus élevés aussi. Pour nourrir nos familles, nous n’avons pas le choix, nous devons consommer le riz qui nous reste, et nous ne pourrons pas semer ».

Le mode de culture traditionnel dans cette zone passe par la conservation d’une partie de la récolte en vue de l’emblavement des champs l’année suivante. Mais avec la crise, les stocks de semences ont été pillés, brulés ou consommés, les outils ont disparu, et la saison agricole 2012, débutant en avril et dont dépend la sécurité alimentaire dans la zone, est gravement compromise.

C’est pourquoi ACTED a lancé à la fin du mois de février un projet de soutien aux retournés dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, ciblant la région de Danané, en collaboration avec la Coopération Japonaise. Ce programme permettra de distribuer des kits agricoles de semences et d’outils aux ménages les plus vulnérables.

Préparer le futur : priorité à l’éducation

Les besoins de ces communautés ne s’arrêtent pourtant pas là : nombreux sont les villageois inquiets pour l’avenir de leurs enfants. Les écoles sont généralement en très mauvais état et mal équipées dans la zone. Les élèves étudient dans des conditions difficiles, entassés sur quelques tables-bancs et subissent les intempéries à travers les toits de tôle mal isolés. ACTED prévoit donc la réhabilitation d’au moins cinq écoles, afin de répondre à un enjeu d’éducation et de cohésion sociale, en faisant travailler ensemble les différentes communautés vers un but commun : l’avenir de leurs enfants.

Si le relèvement de la Côte d’Ivoire doit passer par la réhabilitation des infrastructures sociales et économiques, aucun développement durable ne sera possible sans la reconstruction du vivre-ensemble, qui doit commencer dés aujourd’hui.