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actualité | 30 Juillet 2010 | Rep. Congo | Urgence

ACTED soutient les réfugiés de la RDC le long du fleuve Oubangui

© ACTED 2010

A la rencontre des réfugiés de RDC dans le département de la Likouala, en République du Congo

Le département de la Likouala dans le nord de la République du Congo, particulièrement enclavé et accessible uniquement par le fleuve Oubangui, a accueilli plus de 100 000 réfugiés fuyant les conflits ethniques de la Province de l’Equateur en RDC en l’espace de 6 mois. ACTED a ouvert une base à Bétou en janvier 2010, en plein cœur de la Likouala, pour venir en aide à ces familles qui sont parties dans un dénuement extrême et partagent les maigres ressources existantes avec les populations autochtones.

Depuis octobre 2009, plus de 100000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, ont quitté leur village natal en RDC pour traverser le fleuve Oubangui et s’installer dans les villages voisins de la République du Congo, dans le département de la Likouala. Le nombre de réfugiés s’est stabilisé en janvier 2010, seules quelques personnes supplémentaires ont traversé la rivière depuis. Cependant, même si la situation semble maintenant retourner à la normale en Equateur (RDC), les réfugiés ne sont pas prêts à rentrer en raison de l’insécurité persistante dans leurs villages d’origine.

Les effets d’une situation provisoire qui s’éternise

La plupart des réfugiés ont été accueillis par les familles autochtones dans les villages du Congo, qui ont accepté de partager le fruit de leurs récoltes dans un souci d’entraide. D’autres ont construit des abris de fortune près des installations autochtones. Beaucoup de réfugiés étaient en effet déjà venus au début des années 2000 lors de conflits similaires et certains font partie des mêmes familles des deux côtés du fleuve. L’accueil des réfugiés ne devait durer que quelques mois, mais l’attaque de la ville de Mbandaka en Equateur le 4 avril dernier montre que les tensions sont encore vives et que les conditions de retour ne sont pas encore réunies.

Le prolongement du séjour des réfugiés augmente la pression sur les familles autochtones qui font face aujourd’hui aux mêmes difficultés que les réfugiés. Après huit mois de cohabitation, les champs de manioc des populations locales sont en effet épuisés. On observe ainsi une augmentation des cas de malnutrition depuis le mois de janvier 2010 et la Likouala est confrontée à une crise alimentaire sans précédent.

La problématique de l’accès à l’eau

Un autre problème prioritaire est celui de l’accès à l’eau. Les villages sont érigés le long du fleuve sur parfois plus de 4 kilomètres pour faciliter l’accès à l’eau. Avec l’arrivée massive des réfugiés, les quelques puits existants ne suffisent plus à couvrir les besoins. Tout tourne autour du fleuve ; on s’y lave, on y fait ses besoins personnels, on en boit l’eau. Les cas de diarrhée parmi les enfants sont en forte augmentation et l’on peut craindre une épidémie de choléra si l’accès à l’eau potable n’est pas assuré dans les mois à venir.

Pour répondre à l’urgence, ACTED a ouvert une base à Bétou où le nombre de réfugiés atteint 59 000 personnes et distribue des vivres à 20 000 réfugiés en partenariat avec le PAM. En outre, ACTED a distribué des kits d’hygiène à 1250 ménages vulnérables en mai 2010 grâce à un financement du Centre de Crise français.

L’eau potable, un bien inaccessible dans la Likouala

Il faudrait 190 puits pour couvrir les besoins journaliers (10 litres par jour et par personne) en eau potable des populations de l’axe fluvial sud et nord de Bétou ainsi que de Bétou centre. Or, il n’en existe aujourd’hui que 15, prouvant l’urgence de la situation. De grands projets de construction de puits devraient être mis en œuvre par un petit nombre d’ONG d’ici la fin de l’année 2010 afin d’éviter la déclaration d’épidémies meurtrières, particulièrement parmi les enfants et personnes âgées.

Mettre en œuvre des stratégies globales combinant urgence et réhabilitation

Le nombre d’acteurs de terrain étant très limité en raison de la difficulté d’accès de la zone, ACTED a lancé une évaluation en avril 2010 dans les domaines de l’eau et l’assainissement ainsi que sur le sujet de la sécurité alimentaire pour proposer de nouveaux projets destinés à répondre aux nombreux besoins des réfugiés. ACTED envisage de réhabiliter 36 puits et d’en construire 20 nouveaux, tout en lançant une campagne de sensibilisation à l’hygiène auprès de 16 800 mères de famille et enfants. De plus, ACTED pourrait appuyer les réfugiés par la distribution de kits agricoles, d’élevage et de pêche ainsi que par des formations techniques afin de relancer la production et de réduire l’insécurité alimentaire grandissante.

Crise alimentaire dans la Likouala

Après un départ précipité, les réfugiés se retrouvent dans le plus grand dénuement, sans outils, semences ou matériel de pêche. Les champs des populations hôtes sont épuisés et les populations n’ont plus rien. 110 000 personnes seront directement menacées si des solutions à moyen terme ne sont pas trouvées pour répondre à cette crise alimentaire et à la pression exercée par les réfugiés d’Equateur sur cette région du Congo.