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actualité | 09 Février 2010 (Toute la journée) | Haïti | Urgence

ACTED au cœur de la nouvelle méthodologie de distribution alimentaire

© ACTED/Laura Aguirre de Carcer

A Port-au-Prince, ONG, agences de l’ONU et gouvernement haïtien travaillent d’arrache-pied en s’inspirant d’expériences précédentes pour établir une nouvelle méthodologie de distribution alimentaire plus efficace.

Quatre semaines après le séisme, les habitants de Port-au-Prince restent dramatiquement dépendants de l’aide internationale pour subvenir à un besoin premier : se nourrir. Après l’urgence des premiers jours, des leçons ont été tirées et la coopération entre les différents acteurs présents sur le terrain dont ACTED a permis d’établir une nouvelle méthodologie de distribution alimentaire.

Premier impératif : s’assurer que les vivres fournis par le PAM aillent bien à ceux qui en ont le plus besoin. La ville a donc été divisée en 16 zones dont les ONG se répartissent la charge. ACTED s’est vu attribuée les quartiers du stade et de l’église St Gérard, deux endroits particulièrement sinistrés. En collaboration avec les mairies d’arrondissement, les équipes d’ACTED arpentent donc les rues pour distribuer les coupons aux futurs bénéficiaires via les leaders communautaires. « On cherche des gens qui gèrent un foyer, pour être sûr que les vivres profitent au plus grand nombre de personnes possible » souligne Cyril Dupré, responsable de l’équipe d’urgence ACTED.

Pour répondre à cette priorité, on a estimé que les femmes seraient mieux placées que les hommes pour recevoir l’aide et la distribuer ensuite à leurs proches. Deux raisons expliquent ce choix, dicté par l’expérience. D’abord les équipes ont constaté qu’une foule féminine restait en général plus calme, et ensuite que les femmes seraient beaucoup moins enclines à revendre les rations distribuées, un phénomène observé dans les premiers temps à Port-au-Prince. Pour Cyril, « il ne s’agit pas d’une quelconque discrimination, c’est juste que la difficulté du terrain nous oblige à faire des choix. Notre priorité c’est d’abord d’être efficace ». Et le choix se porte donc pour l’instant sur les femmes qui sont soit veuves soit à la tête d’un foyer, et dont la maison a été détruite durant le séisme. « Pour réussir on doit se livrer à un véritable quadrillage des quartiers, on explore toutes les rues, les camps improvisés jusqu’au moindre recoin, c’est très important que personne ne soit oublié » explique Cyril.

Une fois leur coupon en poche, ces cheftaines de famille peuvent se rendre sur les sites de distributions sécurisés. D’après les planifications établies par l’ONU, dix jours seront encore nécessaires pour ravitailler les deux millions d’habitants de la capitale.