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actualité | 03 Novembre 2016 | Sri Lanka |

Accompagner les Sri Lankais dans la revendication de leurs droits

Shanika reçoit l’indemnisation d’assurance – vie de son mari de la part d’un courtier en assurance.

Surmonter les obstacles pour l'obtention de l'indemnisation d’assurance-vie

Au Sri Lanka, et particulièrement dans les régions anciennement affectées par le conflit armé, de nombreuses personnes ne disposent d’aucun document à valeur juridique. Sans ces documents, ces personnes sont privées d’accès aux prestations sociales et sont ainsi piégées dans le cercle vicieux de l’exclusion. ACTED appuie ces communautés marginalisées pour leur permettre d'obtenir ces documents.

Collecter des données pour les centres administratifs mobiles

Shanika habite dans le village de Kowduwamadu dans le district de Batticaloa. Kowduwamadu est l’un des villages des provinces du nord et de l'est du Sri Lanka identifiés par ACTED pour la mise en oeuvre d'un projet de renforcement des droits fondamentaux financé par l’Union Européenne en 2016. ACTED et ses partenaires dans ce projet, SOND et BASL, ont visité le village en mai 2016 afin de collecter les informations auprès des habitants et ainsi pouvoir identifier leurs besoins en termes de documents de nature juridique. Cette collecte de données a été organisée préalablement à la mise en place de centres administratifs mobiles nécessaires au projet. Voici ce que Shanika nous a raconté lorsque l’équipe du projet l’a rencontrée.

• 52 centres  mobiles légaux vont être déployés au niveau de la division.

• 40 centre administratifs mobiles seront déployés au niveau GN.

Un terme brutal à une histoire de survie

Dinesh, le mari de Shanika, travaillait jour et nuit pour gagner de quoi faire subsister sa famille. La famille a été contrainte de se déplacer à de nombreuses reprises en raison du conflit affectant de nombreux civils Sri Lankais. Dans ce contexte difficile, Dinesh a contracté une assurance-vie pour assurer un avenir décent à sa femme et à ses enfants dans le cas où il viendrait à mourir. Ce n’était alors que le début des problèmes. Un jour de 2013, il est allé travailler comme tous les autres jours et n’est jamais revenu. Il avait été touché par des coups de feu - gravement blessé, il avait été transporté à l’hôpital immédiatement mais n’avait pas survécu à ses blessures.

Surmonter les obstacles pour des prestations d’assurances longtemps attendues

Lorsque Shanika a essayé de remplir la demande d’indemnisation, la compagnie d’assurance a requis un rapport d’expertise concernant la mort de son mari. Mais Shanika n’était pas en mesure de se procurer ce rapport et a été intimidée et poussée à entreprendre cette démarche par elle-même - les femmes étant généralement accompagnées d’un homme, parent ou ami, pour réaliser ce genre de procédure. Originaire d’un village reculé, elle ne s’était encore jamais rendue dans un tribunal et elle n’avait pas même les moyens de payer un avocat. Elle était en plus soucieuse de l’image et des rumeurs négatives que sa propre communauté tirerait du fait qu’une femme se rende seule au tribunal. Ces nombreux obstacles l’ont finalement poussé à abandonner sa réclamation auprès de l’assurance.

« Mon époux a été tué par balle en 2013 par un inconnu. Il disposait d’une assurance-vie à l’Union Assurance. Il n'a jamais eu le moindre retard pour payer. Aujourd’hui, trois ans ont passé depuis sa mort, pourtant il m’est toujours impossible de remplir la demande d’indemnisation », explique Shanika a l’équipe d’ACTED lors de leur première visite dans son village en mai 2016.

L’équipe l’a aidée à obtenir le rapport et à déposer sa demande. En août 2016, l’indemnisation de l’assurance vie de son mari lui a finalement été accordée. Grâce à cet argent, elle prévoit aujourd’hui d’agrandir la petite épicerie de sa mère, souhaitant pouvoir payer l'éducation de sa fille.

Le district de Batticaloa était l’une des régions les plus affectées par les 35 années de guerre civile qui se sont terminées en 2009 après avoir causé de sévères troubles socioéconomiques à la population locale. Depuis, cette population locale a été marginalisée en raison de l’absence de documentation administrative des habitants. Pour aider ces communautés à revendiquer leurs droits, ACTED a décidé de tirer avantage du contexte actuel, plus enclin au respect de l’égalité et des droits fondamentaux depuis l’élection du président Sirisena en 2015.

Les centres mobiles légaux et administratifs fournirons une assistance gratuite, spécialement à ceux les plus vulnérables, marginalisés ou incapable de se déplacer, pour les aider à défendre leur cause et à obtenir des documents tels que des cartes d’identités ou des actes de naissance, de décès ou de mariage.

Chacun des centres mobiles sera déployé pour 2 jours. Ils seront composés d’avocats locaux, de volontaires de la BAR Association of Sri Lanka (BASL) et d’1 ou 2 juristes-experts qui distribueront des brochures contenant des informations de base sur les problèmes administratifs les plus courants, fourniront une assistance juridique personnelle gratuite à ceux qui en ont besoin et/ou les mettront en contact avec d’autres avocats locaux.